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La loi du 4 mars 2002 commet une erreur de perspective

La loi n°2002-305 du 4 mars 2002 relative à l'autorité parentale commet une erreur de perspective en cherchant à rétablir « l’égalité » entre le père et la mère, quand il ne s’agit que de servir au mieux l’intérêt de l’enfant. Elle méconnaît les différences biologiques et symboliques qui séparent les rôles respectifs du père, qui guide l’enfant vers l’extérieur et le social, et celui de la mère, qui rassure et donne la confiance. La mesure de ces difficultés et de ces différences doit être envisagée de façon particulière, s’agissant d’enfants en bas âge et de nourrissons qui ne sont pas encore autonomes et dont l’équilibre psychologique futur dépend de l’énergie qu’on aura mis à les protéger et à les rassurer plus qu’à les conquérir. [1]

À vouloir l'équité obtient l’équanimité, à se vouloir égalitaire on devient égalitariste, c’est-à-dire réductrice des besoins spécifiques de l’enfant qui évoluent en fonction de son âge.

Bien sûr, chacun des deux parents a les mêmes droits, mais pas la même utilité au même moment, pour l’enfant. Méconnaître la prééminence de la mère au début de la vie, c’est méconnaître que le petit d’homme naît prématuré, qu’il poursuit alors son développement neuro-encéphalique et qu’il ne commence à s'individuer qu’après un temps d'intense relation avec la mère et avec le corps de la mère. Ce temps fondateur et sa nécessaire évolution ne sont pas compatibles avec l'exercice de droits des parents qui seraient égalitaires. Bien au contraire, il faut respecter le temps nécessaire pour l’enfant, son droit à lui.

Pour les femmes et enfants qui espéraient échapper à la violence familiale, la résidence alternée non choisie mais imposée équivaut au risque d’une violence perpétuée, sinon aggravée, par les contacts répétés de la mère et l’isolement des enfants avec l’agresseur.[2]

« En voulant gagner quelques mois de présence paternelle plus intensive, on perd des années de sécurité interne pour l’enfant et on augmente sa dépendance à l’égard de sa mère. » -- M.Berger

Pour le principe de précaution, car de nombreux enfants vivent « mal » cette alternance spatio-temporelle qui se veut « paritaire » et développent des troubles qui sont décrits depuis une cinquantaine d’années -sentiment d’insécurité, angoisse d’abandon, sentiment dépressif, troubles du sommeil, eczéma, agressivité (en particulier à l’égard de la mère considérée comme responsable de la séparation)- qui peuvent s’installer de manière durable jusqu’à l’adolescence et se retrouver à l’âge adulte sous la forme d’angoisse et de dépression chroniques [3]. On risque de se trouver demain devant un véritable problème de santé publique

En affinité avec l'Association Française de Psychiatrie (l'Association scientifique de psychiatres la plus importante en nombre et en diversité d’exercices en France), nous souhaitons que soient reconsidérés certains articles de la Loi du 04.03.02.

Dans son courrier du 31juillet 2002,adressé à Dominique Perben et François Mattei, L'Association française de psychiatrie, dit se tenir à disposition des instances pour en débattre et pour proposer éventuellement le nom de personnalités scientifiques incontestables.

Il est urgent de créer du savoir

Pour faire avancer le débat et ne pas s'en tenir aux avis partisans des uns et des autres nous demandons que la Direction Générale de la Santé sollicite pour avis les scientifiques français spécialistes du développement de l’enfant appartenant à la Société Française de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent et/ou à la WAIMH, les deux organisations officielles, afin d'obtenir un rapport circonstancié sur ce théme.


Source et référence:

  • [1] Dominique Piwnica (Avocat au barreau de Paris)
  • [2] Maurice Berger, chef de service en pédopsychiatrie au CHU de Saint-Étienne
  • [3] l'Association scientifique de psychiatres